17 Août 2026
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Market Weekly - La dette n'est plus gratuite

Gian-Simone Soltermann Par Gian-Simone Soltermann
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Les dettes publiques comptent à nouveau

Pendant longtemps, les dettes publiques élevées ont semblé être un problème pour plus tard. Tant que les taux d’intérêt étaient très bas, les gouvernements pouvaient financer des dépenses supplémentaires à un coût relativement faible. La pandémie, la crise énergétique et les tensions géopolitiques ont encore accéléré cette évolution. Mais l’environnement a changé : la dette n’est plus gratuite.
 

La charge d’intérêt augmente

Selon les calculs du fonds monétaire international (FMI), la dette publique brute des économies avancées est passée de 97 % du PIB en 2010 à environ 111 % cette année. Dans les économies émergentes, elle devrait passer de 37 % à 77 %. Le niveau de dette n’est toutefois qu’une partie du problème. Le coût de son financement est tout aussi important. Lorsque d’anciennes obligations émises à des taux plus faibles arrivent à échéance et sont remplacées par de nouvelles obligations à des rendements plus élevés, la charge d’intérêt augmente progressivement.

Les marchés obligataires reviennent donc au centre de l’attention. Les investisseurs ne se demandent pas seulement si les États peuvent rembourser leur dette. Ils se demandent aussi si les gouvernements ont la volonté politique de limiter les déficits. C’est là que réside la difficulté. De nombreux postes de dépenses sont difficiles à réduire : défense, santé, retraites, infrastructures et adaptation climatique. En parallèle, les tensions géopolitiques et la polarisation politique compliquent les efforts de consolidation budgétaire.

L’époque des taux très bas est révolue.

Stagiaire Asset Management & Advisory, Sion, BCVS
L’environnement a changé

L’évolution des rendements des obligations d’État à 10 ans montre également à quel point l’environnement a changé. Ces rendements servent de référence importante pour les coûts de financement à long terme et influencent non seulement les budgets publics, mais aussi les crédits hypothécaires, les prêts aux entreprises et les valorisations boursières. Depuis 2020, les rendements ont nettement augmenté aux États-Unis, en Allemagne et au Royaume-Uni. La Suisse reste à un niveau plus faible en comparaison internationale, mais l’époque des taux très bas y est également révolue.

Cela ne signifie pas qu’une crise de la dette est imminente. Les grandes économies disposent encore de marchés de capitaux profonds et d’institutions solides. Mais la marge de manœuvre se réduit. Les États doivent davantage expliquer pourquoi ils s’endettent. Les investissements dans la productivité, l’énergie ou les infrastructures ne sont pas perçus de la même manière que des dépenses permanentes sans potentiel de croissance clair.
 

La Suisse n’est pas isolée

Pour la Suisse, le tableau est nuancé. L’endettement public reste faible en comparaison internationale, et le franc bénéficie souvent de son rôle de valeur refuge. Mais la Suisse n’est pas isolée. La hausse des rendements mondiaux, les tensions budgétaires dans les grandes économies et la volatilité des flux de capitaux influencent aussi les portefeuilles des investisseurs suisses. Les dettes publiques comptent donc à nouveau - non pas parce qu’elles seraient nouvelles, mais parce que leur financement est redevenu coûteux.