24 Août 2026
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Market Weekly - La sécheresse devient un risque conjoncturel

Olivier Baudat Par Olivier Baudat
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La sécheresse a d'importantes conséquences économiques

La sécheresse n’est plus seulement un phénomène météorologique. Elle devient de plus en plus un facteur économique. Cet été, l’Europe montre clairement à quel point le manque d’eau peut affecter simultanément le transport, la production d’énergie, l’agriculture et l’industrie.

Les niveaux d’eau du Rhin sont tombés à des plus bas historiques. Les barges transportant des produits chimiques, du pétrole et d’autres marchandises depuis et vers Rotterdam n’ont parfois pu être chargées qu’à environ 30 % de leur capacité. Pour les entreprises, cela signifie des coûts de transport plus élevés, des délais plus longs et davantage de risques opérationnels. Ce qui pouvait autrefois sembler être un problème météorologique régional devient ainsi un goulet d’étranglement pour les chaînes d’approvisionnement .
 

Un coût de 50 milliards d’euros

Les conséquences économiques vont toutefois bien au-delà du transport. Des experts estiment que la sécheresse actuelle pourrait coûter à l’Europe au moins 50 milliards d’euros à court terme. En tenant compte des effets plus larges de la chaleur estivale, la facture pourrait être nettement plus élevée. L’agriculture, le transport et l’énergie sont particulièrement exposés. La baisse du niveau des fleuves complique non seulement la navigation intérieure, mais aussi le refroidissement des centrales et la production hydroélectrique. En parallèle, de mauvaises récoltes peuvent accroître la pression sur les prix alimentaires.

Pour la conjoncture, cette combinaison est défavorable. La sécheresse agit comme un choc d’offre : elle peut freiner la production et le transport, tout en augmentant les coûts. Pour les banques centrales, la situation est délicate, car ce type de choc pèse sur la croissance tout en pouvant alimenter l’inflation. Des prix plus élevés pour l’alimentation, l’énergie ou le transport touchent directement les ménages et les entreprises, et peuvent compliquer davantage la reprise économique européenne.

Les risques climatiques ne se limitent plus aux rapports de durabilité : ils apparaissent directement dans les marges, les investissements et les chaînes d’approvisionnement.

Conseiller Gestion de fortune, Martigny, BCVS
Le climat devient un risque opérationnel

Les entreprises considèrent aussi de plus en plus les événements climatiques extrêmes comme un risque opérationnel. Ainsi, les termes liés à la chaleur extrême, à la sécheresse et aux incendies ont récemment été mentionnés dans une proportion record des conférences de résultats de grandes entreprises européennes. Cela montre que les risques climatiques ne se limitent plus aux rapports de durabilité : ils apparaissent directement dans les marges, les investissements et les chaînes d’approvisionnement. L’adaptation devient ainsi un élément de stratégie d’entreprise : efficacité hydrique, infrastructures plus résilientes, alternatives logistiques et nouveaux systèmes de refroidissement gagnent en importance.
 

La Suisse touchée

Pour la Suisse, le sujet est également pertinent. L’économie suisse est étroitement intégrée aux chaînes d’approvisionnement européennes, et le Rhin reste un accès important aux ports de la mer du Nord via Bâle. Dans le même temps, la hausse des coûts européens du transport, de l’énergie et de l’agriculture peut aussi toucher indirectement les entreprises et les consommateurs suisses. La sécheresse montre donc que l’eau n’est pas seulement une ressource naturelle, mais de plus en plus un facteur de production économique.