19 Octobre 2026
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Market Weekly - Le problème budgétaire de la France

Marc Farquet Par Marc Farquet
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Les défis de la France ne sont plus seulement politiques

La France traverse depuis plusieurs mois une période de blocage politique. Mais l’incertitude se reflète désormais de plus en plus clairement sur les marchés financiers. Le rendement des obligations françaises à dix ans a temporairement approché les 5 %, son niveau le plus élevé depuis près d’un quart de siècle. Dans le même temps, les investisseurs exigent une prime de risque croissante par rapport aux autres pays de la zone euro.
 

Soucis budgétaires

Le problème est avant tout budgétaire. La dette publique française atteint désormais environ 3 500 milliards d’euros, soit près de 120 % du PIB, tandis que le déficit devrait avoisiner 5,4 % cette année. La France n’a plus enregistré de budget équilibré depuis 1974. Dans le même temps, la marge de manœuvre fiscale est limitée : les impôts et cotisations sociales représentent déjà environ 44 % du PIB.

Le gouvernement tente désormais de corriger la trajectoire. Un programme d’environ 43 milliards d’euros de réductions de dépenses et de hausses d’impôts doit permettre de réduire le déficit. Politiquement, la tâche reste toutefois difficile. Les mesures touchant les retraites ou la fonction publique suscitent une forte opposition, tandis qu’un gouvernement minoritaire peine à réunir une majorité stable pour des réformes profondes. Plus les marchés réclament une consolidation, plus sa mise en œuvre politique devient complexe.

Les marchés différencient à nouveau davantage les États selon la crédibilité de leurs finances publiques.

Collaborateur Asset Mangement & Advisory, Sion, BCVS
Conséquences sur le marché obligataire

Le marché obligataire commence ainsi à réévaluer la France. Pendant longtemps, le pays était considéré, avec l’Allemagne, comme faisant partie du cœur relativement sûr de la zone euro. Les coûts de financement français ont désormais temporairement dépassé ceux de l’Italie et de la Grèce. Plus remarquable encore, à la fin septembre, plus d’un quart des entreprises françaises « investment grade » pouvaient emprunter à des rendements inférieurs à ceux de la dette souveraine comparable.

La hausse des rendements renforce elle-même le problème. Des coûts de refinancement plus élevés augmentent progressivement la charge d’intérêts de l’État et réduisent les marges disponibles pour d’autres dépenses. Un cercle entre déficits élevés, hausse des coûts de financement et mesures budgétaires politiquement difficiles pourrait ainsi s’installer. La France conserve toutefois une économie importante, une épargne privée élevée et un secteur bancaire solide. La situation actuelle ne peut donc pas être assimilée à celle de la Grèce durant la crise de la zone euro.
 

Pression sur la BCE

L’évolution reste néanmoins déterminante pour l’Europe. La France est la deuxième économie de la zone euro et son marché obligataire figure parmi les plus importants du continent. Si les primes de risque continuaient de progresser et se transmettaient à d’autres pays, la BCE (Banque centrale européenne) pourrait à son tour être confrontée à une pression croissante. Une même monnaie ne signifie donc plus nécessairement les mêmes conditions de financement : les marchés différencient à nouveau davantage les États selon la crédibilité de leurs finances publiques.