21 Septembre 2026
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Market Weekly - L'IA rencontre la robotique

Fabrice Bonvin Par Fabrice Bonvin
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La robotique trouve sa pièce manquante

Depuis l’essor des grands modèles de langage, l’intelligence artificielle (IA) a surtout été perçue comme une technologie logicielle. Les chatbots rédigent des textes, analysent des données ou assistent les développeurs. La prochaine étape pourrait toutefois se jouer davantage dans l’économie réelle : dans les usines, les entrepôts, les chaînes d’approvisionnement et les machines. C’est là que l’IA rencontre la robotique.
 

Réponse à une faiblesse historique

Les robots industriels ne relèvent plus de la science-fiction. Pour 2025, l’International Federation of Roboics prévoit environ 575'000 nouvelles installations de robots industriels dans le monde, soit une hausse d’environ 6 % comparé à l’année précédente. Le nombre annuel d’installations resterait ainsi nettement supérieur à celui d’il y a dix ans. L’Asie, et en particulier la Chine, demeure le principal moteur de croissance.

Le point essentiel est que l’IA répond à une faiblesse historique de la robotique. Les robots traditionnels sont très efficaces pour des tâches répétitives et clairement définies. Ils le sont moins lorsque les produits, l’environnement ou les processus changent. Les nouveaux systèmes d’IA peuvent aider les machines à mieux comprendre leur environnement grâce aux caméras et aux capteurs, à détecter les erreurs plus rapidement et à s’adapter plus facilement à de nouvelles tâches.

Pour les entreprises, les effets potentiels sont multiples. Les lignes de production peuvent être reconfigurées plus rapidement, les contrôles qualité deviennent plus précis et, dans les entrepôts, les systèmes autonomes peuvent optimiser en continu les trajets et les flux. La robotique peut aussi contribuer à répondre à des défis structurels : vieillissement de la main-d’œuvre, pénurie de personnel qualifié, hausse des salaires et volonté de relocaliser certaines productions critiques.

La robotique montre ainsi comment l’IA commence à passer du monde numérique à l’économie physique.

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Prudence nécessaire

Pour les marchés, le sujet dépasse donc le simple engouement pour l’IA. Après les semi-conducteurs, les infrastructures cloud et les grands modèles de langage, les investisseurs cherchent la prochaine couche d’application. La robotique relie plusieurs secteurs : puces, capteurs, automatisation industrielle, logiciels, logistique et machines. Les opportunités les plus solides ne se trouvent pas forcément dans les robots humanoïdes, mais plutôt dans des systèmes spécialisés capables de résoudre des problèmes industriels précis.

La prudence reste néanmoins nécessaire. Une partie de l’intérêt actuel, notamment autour des robots humanoïdes en Chine, semble fortement liée au soutien public, aux centres d’entraînement et à des attentes élevées. La question déterminante sera de savoir si cette dynamique se transforme en véritable demande commerciale. L’IA ne rend pas automatiquement les robots rentables. Elle peut toutefois réduire les obstacles à une adoption plus large.
 

La Suisse pourrait en bénéficier

Pour la Suisse, cette évolution est importante. Son industrie est bien positionnée dans la précision, les machines, la medtech et les niches à forte valeur ajoutée. Si l’IA déclenche une nouvelle vague d’automatisation, les entreprises suisses pourraient en bénéficier à la fois comme utilisatrices et comme fournisseurs. Mais cela suppose que l’innovation, les compétences et les investissements suivent. La robotique montre ainsi comment l’IA commence à passer du monde numérique à l’économie physique.