« La fête est l’ADN du Marathon des terroirs du Valais BCVS »
Pas encore inscrits ? Et si vous releviez le défi ? Le Marathon des terroirs du Valais BCVS se tiendra les samedi 23 et dimanche 24 mai à Martigny. Cette cinquième édition plongera les participants dans la folle atmosphère des années 80, avec un concept unique qui mélange la course à pied entre vergers et vignobles, la dégustation de produits du terroir et une ambiance festive. En quelques années, la manifestation a gagné en importance et s’est imposée dans l’agenda sportif valaisan par son originalité et son authenticité. Deux ingrédients, parmi d’autres, qui construisent le succès du Marathon et auxquels tient Grégory Saudan, directeur de R&D Events, organisateur de l’événement. Le patron du marathon le plus déjanté de Suisse s’est arrêté de courir un instant pour parler d’une épreuve qui raconte le Valais.
Grégory Saudan, comment s’annonce le Marathon des terroirs du Valais BCVS, version 2026 ?
Très bien. Avec 6’000 inscrits, nous avons atteint notre objectif. Il s’agit d’un nouveau record de participation, en augmentation de quasiment 40% par rapport à l’année passée. Nous sommes très contents.
Pourquoi ce succès ?
Il s’explique par le boom de la course à pied, et des sports d’endurance en général. Mais aussi par une amélioration notable de notre communication et par un grand saut de qualité dans l’organisation. Nous avons franchi un palier lors de l’édition 2025. Enfin, notre positionnement de marathon le plus déjanté de Suisse est unique. Nous attendons 20'000 personnes sur le site de martignyexpo - anciennement le CERM - durant le week-end. Nous mettons beaucoup de force sur son aménagement et sur le développement des animations. Ça devient un mini-festival.

Nous considérons que c’est avant tout un challenge personnel, humain. Derrière chaque participant se cache une histoire spéciale.
N’y a-t-il pas le risque de se perdre ?
Non, la fête est l’ADN du Marathon des terroirs du Valais BCVS. Les gens y viennent pour courir et pour passer un bon moment avec des amis ou en famille.
Le sport est mis de côté ?
Le Valais s’est inspiré des marathons du Beaujolais et du Médoc, qui se courent dans des régions viticoles et mélangent les aspects sportifs et festifs. Une nouvelle fois, le positionnement n’était pas assez clair, il existait des courses séparées. Les participants s’inscrivaient soit pour une épreuve sportive, soit pour une épreuve festive. Nous avons clarifié les choses. Bien sûr, des gens viennent faire un temps sur le marathon. Mais nous considérons que c’est avant tout un challenge personnel, humain. Derrière chaque participant se cache une histoire spéciale.
A terme, votre objectif est de toujours grandir ?
Oui, mais pas trop vite, par pallier pour éviter de commettre des erreurs. L’idée est de croître de 2000 personnes par édition pour atteindre un premier cap symbolique, celui des 10'000 participants. Ce serait alors le plus grand événement populaire sportif du Valais. La croissance s’accompagnera d’un nouveau défi : la gestion des foules et des flux de déplacement.
A quelles difficultés est confronté l’organisateur d’un tel événement ?
Trouver les bons parcours a été très compliqué. Pour un marathon, nous avons la particularité de devoir atteindre la marque précise de 42,195 kilomètres. Les itinéraires ont évolué, mais aujourd’hui ils ne devraient plus être modifiés. Nous nous efforçons de trouver un équilibre entre la beauté, la sécurité et des contraintes minimum pour les habitants.
L’idée est de croître de 2000 personnes par édition pour atteindre un premier cap symbolique, celui des 10'000 participants.
Un départ et une arrivée à Martigny, c’est une volonté de votre part ?
C’est plus simple pour tout le monde, organisateurs et participants. Les infrastructures de martignyexpo facilitent grandement les choses, l’événement est assuré quelles que soient les contraintes. Ce sont des infrastructures de luxe. Nous avions aussi la volonté d’amener le marathon au centre-ville de Martigny, d’attirer du public sur le bord du parcours. Courir dans les vergers avec vue sur les montagnes, c’est sympa pour le coureur. Il apprécie aussi les gens qui l’encouragent.
A quoi se mesure la réussite d’un tel événement : le nombre de participants, le bénéfice financier, les sourires ?
Elle se mesure au feeling que nous, organisateurs, portons le samedi ou le dimanche soir sur l’événement. Nous savons immédiatement si ce dernier a été bon ou pas. Nous voyons l’atmosphère qui règne à l’arrivée : si les gens sont heureux, ils restent sur place. Sur 6'000 participants, il y aura toujours des mécontents, c’est inévitable. Nous ne pouvons pas tout maîtriser. Nous réalisons toujours des sondages d’après-course auprès des participants. Le taux de satisfaction se situe entre 90 et 95%.
Bénévoles
600
Sans eux, pas de course !
Sponsors
75
soutiennent le Marathon.
Inscrits
6000
Record battu pour l’édition 2026!
Le budget pour le Marathon des terroirs du Valais BCVS se monte à 800'000 francs. Comment s’y prend-on pour le boucler ?
C’est un challenge chaque année. Le budget comporte trois composantes principales : le soutien privé, sous forme de sponsoring ; le soutien public, soit les subventions des communes et du canton ; les rentrées financières issues des inscriptions, des bars, du merchandising. Chaque pilier recèle ses défis.
La répartition entre ses trois piliers est-elle équitable ?
L’équation diffère d’une manifestation à l’autre. Pour le Marathon, l’apport des participants représente plus de la moitié du budget et les subventions publiques moins d’un tiers. Le solde se constitue de soutiens privés. Les contributions en cash permettent de payer les infrastructures et les services. Les contributions nature permettent de réduire les coûts. Mais nous devons être créatifs, car l’événement se développe et devient plus cher. Les subventions restent stables, mais avec une tendance à la diminution. A nous de générer plus de revenus directs et de trouver des partenaires privés.
La cohérence des valeurs est importante. L’argent ou les prestations sont essentiels évidemment, mais nous devons pouvoir raconter une histoire.
Sont-ils faciles à convaincre ?
Les grandes institutions comme la Banque Cantonale du Valais (BCVS) sont énormément sollicitées et opèrent des choix. Nous devons leur proposer un événement en accord avec leurs valeurs et leur clientèle. Le Marathon attire une large majorité de Valaisans (69%) et c’est une force pour des acteurs régionaux. Autre argument qui plaît aux entreprises aujourd’hui : la parité des participants, égale entre femmes et hommes. La Marathon des terroirs du Valais BCVS est populaire, festif, il dégage une image colorée. Il est porteur. Pour une banque cantonale, c’est bien de pouvoir se targuer d’être le sponsor-titre du plus grand événement du Valais.
Ce partenariat avec la BCVS sonnait comme une évidence ?
Oui, dans la mesure où nous étions le Marathon du Valais. A nouveau, la cohérence des valeurs est importante. L’argent ou les prestations sont essentiels évidemment, mais nous devons pouvoir raconter une histoire. Le Marathon des terroirs du Valais Coca-Cola n’aurait eu aucun sens. L’option de sponsor-titre est venue rapidement dans les discussions avec la banque. Ce type de partenariat lui offre une plus grande visibilité.
Et pour vous, quels avantages ?
Votre clientèle et vos employés, qui sont potentiellement nos participants. Vous disposez d’un réseau dans tout le canton, d’Obergoms au Bouveret. Nous tirons aussi des avantages sur les aspects d’image et de communication. Pour tout organisateur d’événement, toute contribution financière est vitale.
Associer une banque à un événement sportif et festif : est-ce que ça peut être mal perçu en termes d’image ?
Chaque participant est conscient que sans sponsors, l’événement n’existe pas. C’est entre guillemets un prérequis. S’il y a une harmonie entre la marque et la manifestation, ce ne peut être que bien perçu.
Faire rayonner le Valais
Incontournable. Osons le mot ! Grégory Saudan et son équipe sont devenus incontournables en Valais. Avec les deux entités R&D Cycling et R&D Events, Ils sont très actifs sur le marché des événements sportifs. Ils organisent leurs propres événements : le Tour des Stations, le Marathon des Terroirs du Valais BCVS et le Valais Triathlon Festival. Et collectionnent les mandats tels que le Giro d’Italia, les Championnats du monde de VTT, l’Euro féminin de football à Sion ou encore les Championnats du monde de ski de Crans-Montana (2027). « La start-up est devenue une PME. L’entreprise est structurée, a trouvé son équilibre entre nos événements et les mandats qui s’inscrivent dans la durée », explique le directeur Grégory Saudan.
Aujourd’hui, R&D Cycling et R&D Events ont développé une expertise et des compétences reconnues en Valais. Avec cette envie de créer des émotions et d’innover sans cesse. « Nous voulons faire rayonner le Valais. Les gens parcourent des kilomètres pour participer à des épreuves. C’est tout aussi bien chez nous », conclut Grégory Saudan.

Par Bertrand Crittin 






