06 Avril 2026
Placements

Market Weekly - Le rebond du dollar américain

Laetitia Krembel Par Laetitia Krembel
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Le dollar se renforce, le franc suisse s'apprécie

Le dollar se renforce d’environ 2 % face au franc suisse depuis quelques semaines, et plus largement contre la plupart des grandes devises. Ce mouvement n’est pas anodin : il reflète un repositionnement des investisseurs dans un environnement jugé plus risqué, et trois facteurs distincts l’alimentent. 

Le premier est l’incertitude géopolitique. En période de tension, les marchés se tournent instinctivement vers le dollar comme valeur refuge - c’est une dynamique bien connue, et elle se confirme une nouvelle fois. Le deuxième facteur est la hausse des prix du pétrole. Contrairement à l’Europe ou au Japon, qui subissent cette hausse de plein fouet, les États-Unis sont aujourd’hui exportateurs nets de pétrole. Concrètement, cela signifie qu’une énergie plus chère améliore leur balance commerciale là où elle détériore celle de leurs partenaires - un avantage compétitif direct qui soutient le dollar. Le troisième élément, enfin, est le niveau des taux américains. Ils restent élevés, ce qui rend les placements en dollars plus rémunérateurs qu’ailleurs et continue d’attirer les capitaux vers les États-Unis.
 

Le franc suisse solide

Du côté de l’euro, on observe un léger rebond ces dernières semaines, mais il faut rester prudent sur sa solidité. L’Europe reste structurellement plus exposée à la hausse de l’énergie, ce qui pèse sur la croissance, complique la trajectoire de la BCE (Banque centrale européenne) et entretient une forme d’incertitude que les marchés n’ont pas encore totalement digérée. 

Ces interventions ne sont pas symboliques, elles traduisent une tension concrète entre le statut de valeur refuge du franc et les besoins d’une économie dont une large part dépend des exportations.

Conseillère Gestion de fortune, Crans-Montana, BCVS

Le franc suisse, lui, s’apprécie mécaniquement en période de stress et c’est précisément ce que les investisseurs attendent de lui. Mais cette solidité a un coût bien réel pour l’économie suisse : à mesure que le franc monte, les produits suisses deviennent plus chers à l’étranger, et les entreprises exportatrices voient leur compétitivité se dégrader. C’est pour limiter ce phénomène que la BNS (Banque nationale suisse) intervient sur le marché des changes, en vendant des francs et en achetant des euros. Ces interventions ne sont pas symboliques, elles traduisent une tension concrète entre le statut de valeur refuge du franc et les besoins d’une économie dont une large part dépend des exportations.