
Market Weekly - Les marchés ont peu réagi aux événements du Venezuela
Venezuela et pétrole : un tournant politique aux effets limités à court terme
Début 2026, la situation politique au Venezuela a franchi un point de rupture avec l’intervention des États-Unis et la capture de Nicolás Maduro. Cet événement marque un tournant majeur pour un pays qui détient environ 17% des réserves mondiales prouvées de pétrole, mais dont le poids réel sur le marché reste aujourd’hui très limité.
Les marchés financiers ont réagi avec retenue
Les autorités américaines envisagent désormais une réouverture progressive du pays aux compagnies pétrolières occidentales afin de relancer une production largement sous-exploitée. Toutefois, après plus de deux décennies de sous-investissement et de dégradation des infrastructures, une reprise significative nécessitera du temps et des moyens financiers considérables. À titre de comparaison, la production actuelle du Venezuela s’élève à environ 0,8 million de barils par jour, contre 3,5 millions de barils par jour au début des années 2000.
Les marchés financiers ont réagi avec retenue à ces développements. Les principales places boursières n’ont pas enregistré de mouvement notable à la suite de l’intervention américaine. Du côté des matières premières, les cours du pétrole ont légèrement reculé, tandis que l’or et l’argent ont progressé modestement, reflétant une persistance des préoccupations géopolitiques. Bien que le Venezuela concentre une part significative des réserves mondiales, il représente moins de 1% de l’offre globale de pétrole à ce stade. À court terme, l’impact sur l’équilibre du marché pétrolier demeure donc limité, même si une hausse de la volatilité ne peut être exclue. Après une année 2025 marquée par une baisse d’environ 20% des prix du pétrole en dollars, les perspectives pour 2026 apparaissent globalement mitigées.

À court terme, l’impact sur l’équilibre du marché pétrolier demeure donc limité, même si une hausse de la volatilité ne peut être exclue.
L’énergie : levier de l’économie mondiale
À moyen terme, une transition politique réussie pourrait permettre au Venezuela d’augmenter sa production vers 1,3 à 1,4 million de barils par jour au cours des deux prochaines années, avec un potentiel estimé à 2,5 millions de barils par jour à plus long terme. Combinées aux ressources de la Guyane et à la production américaine, ces évolutions pourraient renforcer l’influence énergétique du continent américain, dans un contexte où l’énergie reste un levier central de l’économie mondiale.
Par Eric Mounir