13 Juillet 2026
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Market Weekly - L'IA dope les marchés financier, jusqu'à l'excès?

Mathieu Crettaz Par Mathieu Crettaz
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Intelligence artificielle : miracle de productivité ou nouveau risque financier ?

L’intelligence artificielle reste l’un des principaux moteurs des marchés financiers. Les grandes entreprises technologiques investissent massivement dans les centres de données, les puces et les infrastructures. Les « hyperscalers », c’est-à-dire les fournisseurs mondiaux de service cloud et d’infrastructure de centre de données, sont au cœur de cette dynamique. Selon les estimations, les cinq plus grands d’entre eux devraient investir plus de mille milliards de dollars entre 2025 et fin 2026. En parallèle, les analystes anticipent pour les entreprises du S&P 500 une hausse des bénéfices d’environ 25 % l’an prochain, portée par l’économie américaine et par le développement de l’IA.
 

Attention aux excès

À première vue, cette dynamique repose sur des bases solides. L’IA peut accélérer les processus, réduire les coûts et améliorer durablement la productivité. Il ne s’agit pas seulement d’un nouveau logiciel, mais d’une technologie capable de modifier les modèles d’affaires. Si ce gain de productivité se matérialise, il pourrait soutenir la croissance pendant plusieurs années.

Le point déterminant est toutefois que les marchés intègrent déjà une grande partie de cet avenir. La hausse des cours, les prévisions de bénéfices élevées et le financement externe montrent que des capitaux importants affluent vers l’IA. La Banque des règlements internationaux met ainsi en garde contre un risque d’excès : non pas parce que l’IA serait sans importance, mais parce que les rendements pourraient être plus faibles qu’attendu.

Le risque se situe donc moins dans la technologie elle-même que dans la rapidité avec laquelle les attentes progressent.

Responsable Marché Gestion de fortune, Valais central, Sion, BCVS
Il y a eu des précédents

L’histoire invite à la prudence. D’autres vagues d’innovation, comme le chemin de fer ou Internet, ont constitué de véritables ruptures. Elles ont toutefois parfois entraîné des booms attirant davantage de capital que les rendements commerciaux ne pouvaient le justifier. Le risque se situe donc moins dans la technologie elle-même que dans la rapidité avec laquelle les attentes progressent.

Pour la Suisse, le tableau est nuancé. En tant que petite économie ouverte, elle bénéficie indirectement d’une productivité mondiale plus élevée et de marchés solides. En revanche, une correction du secteur technologique ou des bénéfices décevants seraient également perceptibles pour les investisseurs suisses et les entreprises exportatrices. Dans l’ensemble, l’IA demeure un moteur de croissance à long terme, mais elle teste aussi l’optimisme déjà intégré par les marchés.