02 Février 2026
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Market Weekly - Pas de signal clair de rupture économique

Alexandra Jean-Richard Par Alexandra Jean-Richard
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Un début d’année sous tension géopolitique, mais une économie mondiale résiliente

Le début de l’année 2026 n’a pas été de tout repos pour les analystes financiers. Si un environnement géopolitique agité était largement anticipé, peu d’observateurs s’attendaient à une succession aussi rapide d’événements susceptibles d’influencer durablement l’économie mondiale et les marchés financiers. Entre le bouleversement politique au Venezuela, les tensions croissantes autour du Groenland, les manifestations en Iran, la poursuite de la guerre en Ukraine et la recrudescence des frictions commerciales, les premières semaines de l’année confirment l’entrée dans une phase de fragmentation plus marquée. S’ajoute à cela de l’incertitude quant à qui va succéder à J. Powell, Président de la Réserve fédérale, la banque centrale la plus puissante du monde.
 

Une résilience notable

Ces développements replacent les enjeux géopolitiques au cœur des débats macroéconomiques. Les perturbations du transport maritime en mer Rouge, les risques de nouvelles barrières commerciales et l’implication accrue des grandes puissances illustrent un monde moins coopératif. Malgré ce contexte, l’activité économique mondiale fait preuve d’une résilience notable. 

Aux États-Unis, la croissance reste solide, soutenue par l’investissement et un marché du travail encore robuste, tandis que les dernières données d’inflation confirment une désinflation progressive, bien que lente. En Europe et au Royaume-Uni, les signaux sont plus contrastés, avec des tensions persistantes sur certains marchés du travail, mais sans rupture conjoncturelle majeure. La Chine a atteint ses objectifs de croissance pour 2025, même si l’élan s’est affaibli en fin d’année. 

La capacité des économies à absorber ces chocs et à préserver des équilibres macro-financiers solides restera déterminante pour les mois à venir.

Conseillère Gestion de fortune, Martigny, BCVS
Phase de volatilité

Les marchés financiers ont traversé une phase de volatilité, reflétant ces incertitudes multiples. Les tensions commerciales liées au Groenland ont brièvement pesé sur le sentiment, tandis que les métaux précieux ont atteint des niveaux records, traduisant un besoin de protection. En tandem, le dollar américain s’est fortement affaibli, alors que le franc Suisse reste – une fois de plus – une monnaie forte. Dans le même temps, certaines vulnérabilités émergent sur les marchés obligataires, comme en témoigne la hausse marquée des rendements japonais à long terme dans un contexte de préoccupations budgétaires.
 

L’indépendance des banques centrales

Enfin, un enjeu s’impose en ce début d’année : l’indépendance des banques centrales. Aux États-Unis, les pressions politiques croissantes exercées sur la Réserve fédérale rappellent combien la crédibilité de la politique monétaire demeure un pilier essentiel de la stabilité financière. Toute remise en cause de cette indépendance pourrait avoir des conséquences durables sur la confiance des investisseurs et sur les anticipations inflationnistes. 

L’année 2026 débute ainsi dans un climat d’incertitude géopolitique, mais sans signal clair de rupture économique. La capacité des économies à absorber ces chocs et à préserver des équilibres macro-financiers solides restera déterminante pour les mois à venir.