
Rénover son bien immobilier : c’est maintenant !
Que doivent faire les propriétaires ?
C’était il y a un mois. La nouvelle n’a pas fait les gros titres des médias. Pourtant, elle concerne tous les propriétaires suisses de biens immobiliers. Début avril, le Conseil fédéral a fixé l’entrée en vigueur de la réforme de l’imposition du logement, au 1er janvier 2029. La période de transition durera moins de trois ans avant la suppression effective de la valeur locative et d’une série de déductions fiscales.
Le peuple et les cantons helvétiques avaient accepté la réforme en septembre 2025. Un vote historique, les débats politiques ayant duré sept ans ! Qu’est-ce qui va changer ? Les propriétaires immobiliers n’auront plus à déclarer la valeur locative de leur logement, primaire ou secondaire. Pour compenser les pertes financières, les cantons pourront introduire - aucune obligation - un impôt sur les résidences secondaires. La réforme s’accompagnera également de l’abandon de certaines incitations fiscales : intérêts de la dette hypothécaire, frais d’entretien et de rénovation, mesures d’assainissement énergétiques. Les biens immobiliers restent imposés en tant que fortune, les dettes hypothécaires seront donc toujours déductibles.
Approche globale
La période transitoire peut sembler courte. Elle induit une question simple à formuler, mais complexe à mettre en œuvre : que doivent faire les propriétaires ? Réduire leur dette ? Entreprendre des travaux de rénovation ?
Les experts financiers vous le diront : toute décision que prend un propriétaire pour son bien immobilier s’inscrit dans une approche globale de planification. Il n’existe pas de règle applicable à tous, chaque situation est individuelle. Cependant, être au clair aide à faire les bons choix. La planification traite de nombreux aspects, tels que les revenus et dépenses (actuels et futurs), les dettes, les impôts, le patrimoine, l’état de la prévoyance ou encore la succession. Une fois toutes les cartes en mains, le propriétaire décidera d’une éventuelle rénovation de son bien ou de la diminution de sa dette.

Selon les projets, besoins ou ambitions, garder des liquidités ou réaliser des investissements avec des rendements potentiellement intéressants pourraient être une excellente option.
Aujourd’hui, avec des conditions de taux favorables, réduire sa dette n’est pas forcément nécessaire ou idéal. Selon les projets, besoins ou ambitions, garder des liquidités ou réaliser des investissements avec des rendements potentiellement intéressants pourraient être une excellente option.
Rénover est avantageux et restera avantageux
Au lendemain du vote, les spécialistes immobiliers énonçaient un boom des rénovations. Sept mois plus tard, cette tendance ne se traduit pas encore concrètement. La Banque Cantonale du Valais (BCVS) n’a pas réellement constaté de demandes de financement plus élevées que les années passées. Il semble cependant que certaines entreprises actives dans le secteur de la rénovation reçoivent actuellement plus de demandes de devis que d’habitude. Un fait est établi : bénéficier de déductions fiscales pour une rénovation est avantageux. C’est en effet un stimulant intéressant. Chaque propriétaire doit aussi comprendre que, au-delà d’une simple analyse fiscale, moderniser son bien lui permet de garder sa valeur ou mieux, de l’augmenter. Active sur le marché immobilier, la BCVS, est un partenaire compétent, offrant des solutions financières spécifiques et à des conditions avantageuses.
Au-delà d’une simple analyse fiscale, moderniser son bien lui permet de garder sa valeur ou mieux, de l’augmenter.
Encore des incertitudes
Il plane encore quelques incertitudes sur les déductions pour rénovations énergétiques. Nous ne savons pas quelles orientations prendront les nouvelles réglementations. Groupes de travail et politiques planchent sur la thématique. Les cantons peuvent en effet maintenir des déductions dans leurs règlements. Ce qui relèverait potentiellement du bon sens, durant cette période de transition énergétique où le parc immobilier gagnerait à être assaini. En Suisse, les bâtiments sont responsables de 40 % de la consommation d’énergie et d’environ un tiers des émissions de CO2.
Une chose plus certaine en revanche, les aides financières cantonales pour la rénovation énergétique du parc immobilier existant devraient être garanties au moins jusqu’au 31 décembre 2030.
Par Georges Tavernier